Wed Sep 13, 2017 6:31AM
Les chars israéliens dans le Golan occupé. ©AFP
Les chars israéliens dans le Golan occupé. ©AFP

Pour redorer son blason dans la région, préparer deux scénarios contre l’Iran et les pays de l’Asie de l’Ouest et stabiliser son rôle d’« avocat stratégique régional », le Premier ministre israélien entend se rendre aux États-Unis et rencontrer le président américain Donald Trump. 

Le président américain Donald Trump serre la main du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, le 23 mai 2017, à Qods. ©AFP

Ali Asghar Zargar, expert des questions internationales s’est penché sur les causes de la visite de Benyamin Netanyahu aux États-Unis. Il affirme que tout au long de ces quatre dernières années, Israël a projeté et appliqué divers plans sous le nom du « grand jeu au Moyen-Orient » dont le principal but consistait à affaiblir la profondeur stratégique de l’Iran en Asie de l’Ouest. D’après certains documents publiés, tous ces scénarios sont concoctés par Tel-Aviv et financés par Riyad.

« On constate que certaines autorités saoudiennes et israéliennes soulignent officiellement que la situation actuelle prévalant au Moyen-Orient témoigne d’une série d’évolutions constructives qui aurait dû se terminer en faveur de l’Occident et d’Israël », a-t-il ajouté.

Cet expert iranien poursuit ensuite que les navettes diplomatiques des responsables saoudiens, israéliens et américains portent à croire que le cours des évolutions a inversé la donne et qu'il est en défaveur des États-Unis et de leur allié israélien.

« Eu égard à la dernière situation prévalant en Asie de l’Ouest, si les États-Unis n’interviennent pas encore et que la Turquie ne revient pas sur sa position, ce processus se terminera aux antipodes du tandem USA/Israël et de ses alliés », a-t-il noté.

S’agissant de la visite de Netanyahu aux États-Unis et ses entretiens avec Donald Trump et d’autres responsables américains, M. Zargar indique que tous les vecteurs mentionnés ci-dessus ont amené Tel-Aviv et Washington à tenter de fomenter de nouveaux scénarios dans la région.

Ce professeur d’université s’est penché ensuite sur l’intervention et l’investissement des USA au « Kurdistan irakien ». L’histoire montre bel et bien que dès que la région et l’Irak sont secoués par un désordre politique et sécuritaire, les Kurdes se mettent à proclamer leur indépendance.

Les forces de l'armée syrienne célèbrent la libération de la ville de Deir ez-Zor, le 11 septembre 2017. ©AFP

Notre analyste explique qu’un autre scénario américano-israélien consiste à ouvrir la voie à une intervention explicite d’Israël dans la région en vue de diminuer la zone d’influence de l’Iran en Asie de l’Ouest. Israéliens et Américains espéraient que Daech remportera la victoire en Irak et en Syrie, mais le résultat a été l’inverse, ce qui les a contraints à concocter de nouveaux scénarios, d’autant plus que la poursuite de la coopération des États-Unis avec les courants extrémistes et terroristes de la région pourraient porter atteinte au prestige international de Washington et Tel-Aviv.

Ils ont donc préparé un plan complémentaire pour ces scénarios qui consisterait à porter préjudice à l’accord sur le nucléaire iranien : Ils croient qu’en perturbant l’application de l’accord nucléaire, ils pourront affaiblir la position de l'Iran dans la région et finalement isoler et marginaliser Téhéran par rapport au cours des évolutions régionales et internationales. Ils évoquent même un quelconque lien entre l’Iran et la Corée du Nord afin de mettre « l’étiquette de l’instabilité » sur les politiques de l’Iran.

Les représentants des six grandes puissances (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) et de l'Iran réunis à Vienne (Autriche), le 14 juillet 2015, après l'accord trouvé sur le nucléaire iranien. ©Reuters

Tout porte à croire que Washington cherche à baliser le terrain à la présence d’Israël dans la région. Il tente donc de se retirer de la région et de l’accord nucléaire et de porter atteinte audit plan et aux intérêts régionaux de l’Iran via les pays européens et Israël. Autrement dit, il faut dire que les États-Unis entendent élaborer un « complot par procuration ».