Sat Mar 11, 2017 6:7PM
Syrie : vers un changement de stratégie US ?
Syrie : vers un changement de stratégie US ?

Le porte-parole de la coalition américaine prétendument anti-Daech a fait part du déploiement de 400 Marines américains dans le nord de la Syrie.

Le porte-parole a précisé que cette expédition militaire de l’armée américaine requerrait également l’envoi d’une unité d’artillerie de l’infanterie du corps des Marines des États-Unis, dans l’objectif affiché d’accélérer la défaite des terroristes à Raqqa.

Il y a quelques jours, le journal américain The Washington Post, citant les responsables de Pentagone, a annoncé la nouvelle, en se basant sur la décision du commandement du corps des Marines des États-Unis d’envoyer en renfort un certain nombre de ses soldats sur le sol syrien et une batterie  d’artillerie lourde pour prêter main-forte aux forces de la coalition déjà présentes sur le terrain. Une opération vise, selon leurs propres termes, à « reprendre cette ville des mains des terroristes qui s’y sont infiltrés ».

Les premières évocations d’un déplacement de militaires américains en Syrie étaient apparues dans les médias le 8 mars, car des soldats avaient été aperçus près de la ville de Manbij, en Syrie, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Raqqa. Le Pentagone avait alors refusé de commenter.

Ce déploiement est le signe d’une intensification de la présence militaire américaine en Syrie. Environ 500 soldats s’y trouvaient déjà. Selon les autorités américaines, ces militaires étaient pour l’heure cantonnés à un rôle de conseil des Forces démocratiques syriennes (FDS).

Or, la Turquie mène simultanément sa propre guerre contre les FDS kurdes, appuyées par Washington. Ankara s’oppose également à ce que les milices kurdes soutenues par Washington participent aux opérations.

Ce nouveau déploiement relève d’une politique quelque peu différente de la précédente administration, certes, sans pour autant s’en démarquer totalement. Ainsi, le risque d’un embourbement américain en Syrie reste bien réel.

Le président syrien a, à plusieurs reprises, considéré comme illégitimes la présence et l’intervention militaires des forces américaines. Une présence militaire qui, non seulement n’a réduit en rien les activités de Daech en Syrie, mais qui a, pis encore, bien des fois contribué au renforcement des terroristes.

L’été dernier, l’armée américaine a mené une attaque aérienne à Deir ez-Zor, causant la mort de 100 soldats de l’armée régulière syrienne. Après coup, les États-Unis ont prétendu avoir voulu viser Daech.

Sur le plan diplomatique, l’émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a annoncé que le gouvernement syrien et les groupes d’opposition étaient invités à reprendre les pourparlers de paix sous l’égide de l’ONU à Genève le 23 mars.

Luc Michel, géopoliticien, et Ayssar Midani, experte des questions politiques, présentent leurs analyses sur ce sujet.